Construction en béton projeté
Une maison bulle ne se construit ni en maçonnerie ni en ossature. Sa forme continue et sans arêtes suppose un procédé qui accepte la courbe dans les trois dimensions, et ce procédé est presque toujours le béton projeté sur armature.
Armature
Le squelette est un maillage d'acier à béton, cintré à la main ou sur cintreuse, ligaturé point par point jusqu'à former la coque complète. C'est l'étape qui donne la forme définitive et la seule où elle reste modifiable : une fois le béton projeté, plus rien ne bouge. Un grillage à mailles fines est ensuite fixé sur cette armature pour retenir le mortier lors de la projection.
Projection
Le mortier est envoyé sous pression par une lance, en couches successives de quelques centimètres. Deux techniques coexistent : la voie sèche, où le mélange sec est humidifié à la buse, et la voie humide, où le béton part déjà malaxé. La première autorise des reprises plus faciles, la seconde produit moins de poussière et de rebond. L'épaisseur finale varie de 6 à 12 centimètres selon la portée, ce qui reste très mince pour une structure porteuse : c'est la forme courbe, non la masse, qui assure la tenue.
Étanchéité et isolation
C'est le point faible du procédé. Le béton projeté n'est pas étanche par lui-même et la courbure interdit les solutions classiques en rouleaux. Les réponses employées vont des résines de polyuréthane projetées à l'extérieur aux membranes liquides armées d'un voile de verre. L'isolation se pose de préférence par l'extérieur, sous l'étanchéité, faute de quoi la coque forme un pont thermique continu. Les réalisations des années soixante-dix, construites avant toute exigence thermique, sont sur ce point difficiles à mettre à niveau.
Ouvertures
Les baies circulaires sont l'élément le plus coûteux du chantier. Les menuiseries courbes ne se trouvent pas au catalogue et supposent un fabricant spécialisé, du verre bombé ou une découpe sur mesure, et des joints capables de suivre le rayon. Beaucoup de maisons bulles emploient des hublots industriels détournés ou des dômes en polycarbonate, moins onéreux mais moins durables.
Réglementation
Le permis de construire ne pose pas de difficulté de principe, mais la forme se heurte souvent aux prescriptions locales sur les toitures, les pentes et les matériaux apparents, en particulier dans les zones soumises à l'avis de l'architecte des bâtiments de France. La garantie décennale suppose par ailleurs un procédé assuré, ce qui restreint le nombre d'entreprises capables de prendre le chantier et pèse sur le coût final.