Dôme géodésique
Le dôme géodésique est l'autre grande famille d'habitat sphérique. Il ne procède pas du modelage d'une coque continue mais de l'assemblage de barres droites approchant la sphère, ce qui en fait un objet industriel là où la maison bulle reste artisanale.
Principe
On part d'un polyèdre régulier, le plus souvent l'icosaèdre à 20 faces triangulaires. Chaque triangle est subdivisé en triangles plus petits, dont les sommets sont ensuite projetés sur la sphère circonscrite. Le nombre de subdivisions donne la fréquence du dôme : une fréquence 2 compte 40 triangles par face d'origine, une fréquence 4 en compte beaucoup plus et approche mieux la sphère, au prix d'un nombre de barres et de longueurs différentes plus élevé.
Comportement mécanique
La structure travaille en triangulation pure, chaque barre en traction ou en compression, sans flexion. Il en résulte un rapport résistance sur poids exceptionnel : un dôme couvre de grandes portées sans appui intermédiaire, et sa résistance augmente avec la taille, contrairement à la plupart des structures. Il supporte bien la neige et le vent, la forme n'offrant pas de prise plane.
Buckminster Fuller
L'ingénieur américain Richard Buckminster Fuller dépose le brevet en 1954 et en fait le vecteur de sa doctrine du plus avec moins. Le pavillon des États-Unis à l'exposition universelle de Montréal en 1967, sphère de 76 mètres de diamètre, en reste l'exemple emblématique ; il a brûlé en 1976 mais sa structure métallique subsiste. Les molécules de carbone en forme de sphère découvertes en 1985 ont été nommées fullerènes en référence à ces constructions.
Usages
Les dômes servent aux serres, dont le projet Eden en Cornouailles, aux planétariums, aux abris de chantier, aux radômes qui protègent les antennes, et à l'hébergement de plein air sous forme de tentes géodésiques. L'habitat permanent reste minoritaire, malgré les tentatives des communautés nord-américaines des années soixante-dix.
Difficultés
Les mêmes que pour toute forme sphérique, plus une qui lui est propre : l'étanchéité des noeuds. Un dôme de fréquence élevée compte des centaines de jonctions, chacune un point d'entrée d'eau potentiel, et les tentatives des années soixante-dix ont massivement échoué sur ce point. Les solutions actuelles recouvrent la structure d'une membrane continue plutôt que de traiter chaque panneau, ce qui règle le problème mais fait perdre l'expression de la trame.